Procrastination 


De nombreux amis écrivent leurs états d’âme. Certains écrivent sur leur blog, d’autres simplement pour eux. 

J’ai proposé aux seconds de publier leurs écrits. Je le ferai donc de temps à autre. 

Voici le premier texte. Il s’appelle « Procrastination ».

« Creuser. Creuser au plus profond de soi pour en sortir ce qui ne doit pas en sortir, pour en sortir ce qui aurait dû rester bien caché dans mes entrailles.

Creuser profond. J’ai toujours voulu écrire. J’ai toujours admiré les écrivains, les intellectuels. Ceux qui réfléchissent à partir de leur cerveau. Non avec, mais à partir de.

J’ai toujours voulu en faire partie. Mais je n’ai jamais osé.

Je me considère comme moyen. Un quidam comme il y en a tant. Un quidam qui admire à la télé les autres. Ceux qui passent l’acte. Ceux qui font. Un quidam qui pense des choses sans avoir le courage de les formaliser pour les partager car partager c’est s’exposer, c’est risquer d’être critiqué, c’est aussi et surtout risquer de ne rien susciter parce que ce que l’on pense est au final assez banal et inintéressant.

Alors je ne fais rien. Je regarde les autres penser. J’occupe le temps.

Mais ce n’est sans doute pas l’unique raison. Le travail, l’effort. Oui voilà l’autre raison, la vraie raison peut-être.

Formaliser ses idées, les travailler, les écrire, les corriger, cela prend du temps. Cela demande du temps et de l’énergie. C’est du travail.

Mais, le soir, après ma journée de travail , après les transports en commun, après la famille, le courage me manque. La paresse s’empare de moi. Je regarde des séries. Des séries de bonne qualité pour me donner bonne conscience. Mais je ne travaille pas. Je n’écris pas. La paresse. Ma grande amie. Ma pire ennemie. La paresse. MA paresse.

Elle me tient, elle m’appelle, elle me dit des mots doux, elle me chuchote à l’oreille de ne pas le faire ce soir, mais demain soir. Comme elle me l’a déjà dit hier soir et comme elle me le dira demain soir.

Alors je procrastine. Je suis devenu le roi de la procrastination. Chaque matin, je me dis que ça ne peut pas durer, que ce soir je m’y mets quoiqu’il arrive. Et non. Rien n’y fait. Je ne m’y mets pas. Ni ce soir, ni le suivant ni celui d’après. Rien ne se passe. Mais le temps, lui, passe. Il passe imperceptiblement, inéluctablement. Je le vois à ces petites rides aux coins de mes yeux. Je le vois à mes enfants qui grandissent. Je le sens.

Le courage. Voilà ce qui me manque. Je suis un lâche. »

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